Dans un communiqué de presse du 22 avril dernier, l'ADEME a publié le bilan du Fonds chaleur en 2025 dont elle a la charge.
Opéré par l’ADEME depuis 2009, le Fonds Chaleur contribue pleinement à la croissance d’une production de chaleur renouvelable et de récupération souveraine pour alimenter habitats collectifs, entreprises et collectivités, en complément d’efforts significatifs en matière d’efficacité et de sobriété énergétiques.
Depuis 17 ans, il a permis d’aider près de 11 200 installations d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R) dont 5200 km de réseaux de distribution grâce à 5,9 milliards d’euros d’aides, ayant généré près de 18 milliards d’euros d’investissements.
Cela représente près de 52,5 TWh/an de production additionnelle d’EnR&R, équivalent de la consommation de chaleur d’environ 5 millions de logements, et environ 2,6 Md €/an d’économie sur la balance commerciale (en comparaison du gaz qu’il aurait fallu importer pour produire cette chaleur en l’absence de ces projets).
En 2025, le budget du Fonds Chaleur s’élevait à 801 M€ dont la totalité de ce budget a été engagée. Avec une efficacité moyenne de 51,5 € d’aide par tonne de CO2 économisée, c’est l’un des outils les plus efficaces pour décarboner l’économie, et réduire les importations de gaz.
Le Fonds Chaleur a majoritairement subventionné des investissements (727 M€ d’aide générant plus de 2,4 Md € de dépenses dans des installations EnR&R, soit un effet de levier de 3,3) et financé dans une moindre mesure d’autres dispositifs d’accompagnement (dont le fonds de garantie géothermie), nécessaires pour faire émerger des projets de qualité dans les territoires.
Les aides du Fonds Chaleur attribuées en 2025 permettront la construction de 643 km de réseaux de distribution de chaleur et de plus de 1200 nouvelles installations produisant 3,5 TWh par an de chaleur renouvelable et de récupération additionnelle (soit la consommation de chauffage d’environ 200 000 logements). Les émissions annuelles évitées par ces nouvelles installations s’élèvent à environ 777 kt CO2/an.
En 2025, c’est la biomasse énergie qui a contribué le plus à cette production de chaleur (52 %), suivie par les géothermies (7% pour la géothermie de surface, 14 % pour la géothermie profonde) qui ont pu bénéficier de 85 M€ d'aide en 2025.
Ce nombre important d’installations reflète la montée en puissance des Contrats Chaleur Renouvelable accompagnant de nombreux projets de moindre taille, avec en 2025 une forte croissance des projets de géothermie.
Depuis 2024, le Fonds chaleur s'appuie également sur la démarche EnR’Choix qui a été généralisée sur l’ensemble du territoire compte tenu des tensions locales observées sur certains territoires.
Les besoins de chaleur, qui représentent aujourd’hui 43 % de la consommation d’énergie en France, sont encore majoritairement couverts par des énergies fossiles, carbonées et importées (gaz, fioul, charbon) ce qui nécessite une transition énergétique urgente pour retrouver une souveraineté énergétique et réduire les importations avec des énergies renouvelables produites localement.
C'est l'objectif de la 3e Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE3) qui vise à réduire la part des énergies fossiles importées dans la consommation du pays (60 % en 2023) pour atteindre 60 % d’énergie bas-carbone en 2030 avec un objectif ambitieux de 328 à 421 TWh de chaleur renouvelable et de récupération à horizon 2035 (par rapport à 172 TWh en 2022).
C'est aussi l'objectif du récent plan électrification dans lequel les réseaux de chaleur sont une solution essentielle en milieu urbain et dans les situations où les pompes à chaleur mises en avant ne pourront pas être déployées.
Le déploiement des projets aidés par le Fonds Chaleur concourt, de façon particulièrement efficiente pour les finances publiques, à la décarbonation de l’économie et à la souveraineté énergétique du pays, c'est pourquoi l’État a conforté le Fonds chaleur avec un budget de 800 M€ en 2026.
L’accélération du déploiement de la géothermie profonde et de surface reste un axe prioritaire pour 2026 avec la mise en œuvre du plan d’actions lancé en février 2023 par l’État et qui regroupe 27 actions prioritaires en France métropolitaine et d’outre-mer.
Pour illustrer les aides du Fonds chaleur, l'ADEME a notamment présenté deux projets phares de géothermie accompagnés en 2025.
La commune de Pontivy (Morbihan) a fait le choix d'installer la géothermie de surface sur sondes pour chauffer et rafraichir (par géocooling) son établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EPHAD).
L’installation qui sera mise en service en mai 2026 est composée d’une pompe à chaleur de 82 kW associée à 13 sondes de 200 m de profondeur. Elle produira 345 MWh/an et permettra d’éviter l’équivalent de 66 tonnes de CO2 par an pour un coût de 1 043 k€ et une aide du Fonds chaleur de l'ADEME de 219,6 k€.
La ville de Bordeaux (Gironde) a prévu l'extension sur 7,5 km d’un réseau de chaleur alimentée par une géothermie profonde et une chaufferie biomasse dans le Quartier Prioritaire de la Ville de Grand Parc. Le projet prévoit la réalisation d’un doublet géothermique à environ 1 000 mètres de profondeur, associé à une pompe à chaleur d’une puissance de 7,4 MW, ainsi que l’installation d’une chaufferie biomasse de 4 MW.
Cette extension dont la mise en service est prévue courant 2026 permettra de desservir 47 nouvelles sous-stations, principalement destinées à des logements sociaux. À terme, le projet contribuera à éviter l’émission d’environ 8 400 tonnes de CO2 par an pour un coût de 39,5 M€ et une aide Fonds chaleur de l'ADEME de 7,5 M€.
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