Edition 2025 du panorama de la chaleur renouvelable et de récupération en France


Publié le 07/04/2026


Proposé par l’AFPG, le CIBE, la FEDENE, le SER et UNICLIMA, avec le soutien de l’ADEME, l'édition 2025 du Panorama de la chaleur renouvelable et de récupération dresse un état des lieux global et de chaque filière de production de chaleur renouvelable et de récupération (EnR&R) en France métropolitaine en 2024 au regard des objectifs fixés et des dispositifs de soutien mis en place pour aider à l'installation des énergies renouvelables. 

Face à des objectifs ambitieux  

panorama de la chaleur renouvelable et de récupération édition 2025La chaleur représente 43 % de l’énergie consommée en France et est majoritairement produite à partir d'énergies fossiles importées (60 %). 

Des objectifs ambitieux ont été fixés, dans un premier temps, par la loi de 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte avec 38 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale de chaleur en 2030. 

La Programmation pluriannuelle de l’énergie version 3 (PPE3), quand à elle, a fixé un objectif de 297 TWh en 2035 avec une multiplication par plus de deux de la consommation de chaleur renouvelable et de récupération entre 2022 et 2035.

Une hausse globale constante à accélérer

En 2024, 178,9 TWh de chaleur renouvelable ont été produits en France métropolitaine toutes filières renouvelables confondues, ce qui représente 28,9 % de la chaleur consommée (contre 27,8 % en 2023).

Selon le panorama, la consommation de chaleur renouvelable et de récupération entre 2020 et 2024 présente une hausse constante avec un rythme de croissance annuelle d’environ 4 %.

Cependant, pour atteindre les objectifs de la PPE3, cela nécessite selon le panorama, une croissance annuelle de la consommation de +8 % entre 2024 et 2030 puis une croissance annuelle de +2 à +8 % entre 2030 et 2035.

Des efforts importants aussi pour les géothermies

La publication fournit aussi une présentation des caractéristiques et atouts de chaque filière ainsi que des exemples de réalisations accompagnés de paroles d’acteurs et un focus sur leur gisement. Elle permet également de recontextualiser les dernières données de production ou d’évolution de la filière. Parmi ces filières sont présentées la géothermie de surface et la géothermie profonde. 

Pour la géothermie de surface, le panorama présente pour 2024 :

  • le nombre total de pompes à chaleur géothermiques installées réparties par secteur (résidentiel individuel et collectif, tertiaire, industriel, agricole) et par région ainsi que les nouvelles installations en 2024 ;
  • les puissances installées par secteur et par région ;
  • la production de chaleur produite par secteur et par région ainsi que son évolution entre 2005 et 2024 ;

Ainsi, en 2024, avec 214 210 pompes à chaleur géothermiques, la géothermie de surface a produit 4,8 TWh de chaleur, soit 2,7 % de la chaleur renouvelable totale, avec pour objectif fixé par la PPE3 d'atteindre 10 TWh en 2030, ce qui nécessite une multiplication par deux de sa croissance en 6 ans.

chapitre géothermies panorama chaleur renouvelable edition 2025Pour la géothermie profonde, le document présente :

  • l'évolution annuelle du nombre d'installation et de la production annuelle de chaleur entre 2005 et 2024 ;
  • le nombre d'installation réparties par région en 2024 ;
  • la production de chaleur répartie par usage (réseau de chaleur, industrie, agriculture et pisciculture, chauffage et ECS, piscine) en 2024.

Ainsi,  avec 73 installations en fonctionnement à fin 2024, la géothermie profonde a produit 2,3 TWh, soit 1,3 % de la chaleur renouvelable totale, avec pour objectif fixé par la PPE3 d'atteindre 6 TWh en 2030, ce qui nécessite une multiplication par trois en 6 ans. Elle représente également 5,4 % des ENR&R présentes dans les réseaux de chaleur en 2024.

Parmi leurs nombreux atouts, les géothermies font partie des énergies renouvelables les plus compétitives sur le long terme en ce qui concerne les prix de vente de la chaleur distribuée par les réseaux de chaleur et elles contribuent à l’économie locale par la création et le maintien d’emplois. 

Elles contribuent aussi à l’amélioration et à la préservation de la qualité de l’air dans les environnements urbains et ruraux en générant une énergie abondante sans recourir à la combustion. Leur exploitation se distingue par un fonctionnement silencieux, et leurs installations s’intègrent pleinement dans le paysage environnant.

Perspectives et recommandations

Les chiffres présentés montrent, selon les partenaires du panorama, une véritable dynamique de projets dans toutes les filières avec notamment une demande de subventions record auprès du Fonds chaleur, qui atteint 1,5 milliard d’euros au premier trimestre 2026.

Cependant, pour aider à la décarbonation de la chaleur, "il est impératif de renforcer les dispositifs qui ont prouvé leur efficacité, notamment le Fonds Chaleur, MaPrimeRénov’ et les Certificats d’Économie d’Énergie. Pour sortir durablement des énergies fossiles, la visibilité et la stabilité des soutiens publics sont cruciales" selon eux. 

Dans cet objectif, ils recommandent un débat éclairé sur les moyens et les leviers à mobiliser avec la mise en place, à l’instar du plan d’électrification, d’un groupe de travail ministériel dédié à la chaleur pour définir les mesures d’accompagnement nécessaires à l’accélération des projets.

Pour en savoir plus sur le bilan 2024 de production de chaleur renouvelable et les moyens d'atteindre les objectifs fixés, téléchargez l'édition 2025 du Panorama de la chaleur renouvelable et de récupération.