La géothermie profonde est locale, de base donc accessible en continue, quelle que soit la météo, indépendante du prix des énergies fossiles. Elle permet la production de chaleur et de froid renouvelable et peut alimenter les réseaux de chaleur urbain.
A ce titre, elle fait partie du mix énergétique et un plan spécifique a été mis en place pour accélérer son développement en France.
Malgré tous ses atouts, et sa présence déjà importante en Île-de-France (54 installations actives en 2025, concentrées principalement dans l'Est), elle est moins développée dans l’ouest et le sud dans la région car les ressources du sous-sol sont moins connues et nécessitent une nouvelle exploration du sous-sol, action conséquente qui nécessite des moyens importants.
C'est dans ce contexte qu'a été lancé en 2024 le projet Géoscan Île-de-France (IDF) porté par l’ADEME Île-de-France, la Région Île-de-France et le BRGM.
Son objectif était d'identifier les zones les plus favorables au développement de la géothermie profonde sur près de 300 communes réparties sur l’ensemble des 6 départements de la région (soit près de 2 000 km²).
Ce projet a notamment été l'objet d'une campagne d'acquisition de donnés sur le terrain (dite géophysique) qui a permis de réaliser 280 km de mesures.
Les données acquises ont ensuite été analysées et croisées avec des données déjà existantes pour construire un modèle géologique du sous-sol en 3 dimensions ainsi qu'un modèle spécifique aux réservoirs géothermiques identifiés dans les formations géologiques présentant un potentiel (Oxfordien et Dogger), fournissant ainsi une meilleure vision des ressources disponibles (structure géologique et propriétés : porosité, pression, température) et donc de leur favorabilité.
Le 19 mai 2026, les partenaires du projet ont présentés les travaux menés et les premiers résultats de leurs analyses aux collectivités, décideurs et acteurs de terrain de la transition énergétique.
Ils ont également proposé :
Accessibles gratuitement, les résultats confirment que l'Ouest et le Sud de l’Île-de-France ont un potentiel géothermique qui est non négligeable.
Déjà exploité à l'Est, le réservoir du Dogger, dont la température oscille entre 50 et 80 °C, pourrait être ciblé pour de nouveaux projets dans l’Ouest.
Bien que sa température varie "seulement" entre 40 et 65 °C, l’Oxfordien est décrit comme une ressource “très prometteuse” et pourrait être utilisé aux côtés de pompes à chaleur ou en extension du réseau de chaleur et de froid actuel.
Enfin, le trias, étudié pour mieux connaître sa structure plutôt que pour y imaginer des projets de géothermie, a révélé trois 3 réservoirs d’intérêt (Donnemarie, Chaunoy et Boissy) qui nécessitent d'autres études.
D’autres résultats seront mis en ligne d’ici l’été.
Le but final du projet est de permettre aux collectivités, dès 2026, de développer des projets de géothermie profonde, avec notamment le soutien de l’État – via le Fonds Chaleur, opéré par l’ADEME ainsi que celui de la Région Île-de-France via le nouveau Contrat Énergie à destination des collectivités, annoncé par la Présidente de Région le 12 mai dernier à l’occasion de la présentation du Plan Énergie 2026-2028.
Ces résultats techniques doivent ainsi permettre :
Pour aller plus loin